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Exposition:LAURENT SEPTIER

Posté le:
22 Mai 2009
Posté par:
Localisation:
France
» Marseille
<img border="0" alt="" src="/file/sns_uploads/580/images/300dpi.jpg" />

Exposition du 25 au 30 mai 2009
Du lundi au vendredi de 10h 12h et de 15h 19h.
Le samedi de 10h ࠠ 12h et de 15h 18h




LAURENT SEPTIER


Une certaine manire de prendre son temps



La vue est une trਨs fine photographie
Imperceptible, sans doute, si lon se fie
Ҁ la grosseur de son verre dont le morceau
Est dpoli sur un des ct鴩s, au verso ;
Mais tout enfle quand lҜil plus curieux sapproche
Suffisamment pour quҒun cil par moments saccroche.

Raymond Roussel
La Vue


LҒimage latente nexiste plus avec la photographie numҩrique, il ny a plus de point aveugle, ce qui est captҩ lest sous nos yeux et mieux encore, comme dans une mise en abҮme, il nous est possible sur le lieu mme de nous transporter lꠒinstar de Raymond Roussel, dans la vue que nous venons de prendre. De nous arrter sur des dtails suspendus que l꩒il nܒavait pas su ni mme pu capter; non seulement il est possible de circuler dans limage, mais en l꒒agrandissant trs fortement sur ce petit cran aux couleurs si vives, d詒y pntrer au plus pr驨s, dans une sorte dapnҩe. Mais ce nest pas cet apparent paradoxe - Ҫtre la fois dans le rel et dans son image - qui est troublant, c੒est quau fur et Ҡ mesure de cette approche, ce que limaginaire permettait Ҡ Raymond Roussel de saisir indfiniment trouve ici sa limite dans la raison technique de limage num钩rique : le pixel.

Il y a dans cet agrandissement progressif un entre-deux, un instant et une distance justes(1), o limage n钒est dj plus vraiment nette, o頹 apparat lil, mܪme le moins exerc, quelque dfaut : l驒envahissement dun visage par une couleur semblant glisser, la disparition dҒune main, un flou bizarre, des effets de granulation qui font apparatre la substance mme (si lon peut dire) de limage, sans pour autant que cette altҩration soit un frein lengouffrement de notre imaginaire confrontҩ ce rel qui fut l੠. Avant cet entre-deux, limage est une simple photographie, au-delҠ elle devient un banal jeu de pixels - mais, dans cet intervalle o elle est juste un peu attaqu铩e, comme ԓpique par le temps ou l锒usure et o elle est cependant encore image, se trouve une sorte de vibration qui rend curieusement les personnes, les objets, les lieux, trs pr騩sents, comme vivant de cette lgre et incertaine pulsation.

La photographie se rel騢che ici comme, dans les restaurants, les conventions au demeurant assez complexes en Chine se relchent, parfois le temps dun clin d⒒il, en rܩvlant de nouvelles connivences. Les deux temps se rejoignent dans ces images.

Ces recadrages trs serr騩s et sur le point de se dissoudre dans leur peu de matire, de disparatre comme 让clate une bulle de savon, nont rien de spectaculaire. Ils tҩmoignent peine mais portent notre attention vers quelque chose la fois trࠨs prsent - suspendu dans cette dure hallucinatoire, comme un ralentissement, un glissement - et tr驨s dralis驩 par son apparence fragile : dtails troublants la limite du visible, qui ne nous apportent aucun savoir, aucune certitude, mais simplement une vision l頩grement dcal詩e, dplace, une certaine mani驨re de prendre son temps.




(1) Sans savoir exactement pourquoi, mais avec cette certitude dj d頩crite par exemple par Zhang Yanyuan, un peintre chinois de la dynastie Tang, qui crivait <la peinture> devient ce qu铒elle est, sans que lon sache pourquoi elle est bonneҔ.


 




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